La demande en résidences secondaires ne faiblit jamais vraiment
Marché immobilier

La demande en résidences secondaires ne faiblit jamais vraiment

Gabriel 18/05/2026 10 min de lecture

Les points clés

  • La quête de la maison de vacances en bord de mer résiste aux crises, devenant une obsession collective.
  • L’achat d’une résidence secondaire s’impose comme un désir personnel, pas seulement un héritage.
  • Les locations touristiques court terme occupent jusqu’à 30 % du parc immobilier en zone côtière.
  • Près d’un logement sur trois en littoral est inoccupé par des locaux, déséquilibrant les communautés.
  • Le logement neuf offre stabilité et faible entretien, atout majeur pour la sous-occupation.

Ce qu'il faut isoler

  • Acquérir une résidence secondaire répond à un désir profond de prolonger ses séjours, bien au-delà de deux semaines en juillet.
  • Le tourisme de court séjour transforme les côtes, où les locations saisonnières atteignent parfois plus de 30 % du parc immobilier.
  • Près d’un logement sur trois en zone littorale est inoccupé ou touristique, réduisant l’offre pour les locaux.
  • Le neuf devient une solution stratégique pour limiter les coûts, surtout pour des résidences souvent sous-occupées.
  • Bien choisir entre usage personnel et location implique de peser réalisme et investissement en temps.

La maison de vacances au bord de l’eau, avec ses volets bleus et ses après-midi interminables, ce n’est pas qu’un rêve d’été. C’est une obsession collective. On croit qu’avec les crises, les tensions sociales ou la flambée des prix, l’envie de s’offrir un pied-à-terre loin du tumulte urbain finirait par s’éteindre. Mais non. La demande en résidences secondaires, surtout dans les zones côtières, ne fléchit pas. Elle se transforme, s’adapte, résiste. Même quand tout semble bloquer, l’envie d’ailleurs tient bon.

Un attrait indémodable pour les résidences secondaires

Le besoin viscéral d'évasion

Partir. C’est un réflexe humain. Et pour beaucoup, ce départ ne se limite pas à deux semaines en juillet. Il s’incarne dans quatre murs, un jardin, un point de vue. Le patrimoine familial n’est plus seulement transmis, il s’acquiert par désir, pas toujours par héritage. Les familles cherchent à s’offrir un refuge, un lieu où ranger les souvenirs autant que les valises. Ce n’est pas seulement une question de confort, c’est une quête de stabilité affective.

Les grandes villes étouffent, le rythme s’affole, et le besoin de décompression devient vital. Des études montrent que les zones côtières, avec une préférence marquée pour la Bretagne, restent des pôles d’attraction incontestés. Même quand les prix montent, même quand les biens sont rares, la pression immobilière ne faiblit pas. La pression immobilière est ici moins une conséquence qu’un moteur: plus c’est cher, plus on en veut.

Et contrairement au marché du logement principal, souvent freiné par les taux ou les normes, celui de la résidence secondaire continue d’attirer. Parce qu’ici, l’affect prime sur la rationalité. On achète pour un sentiment, pas pour un calcul. Résultat? Les côtes bretonnes, normandes ou méditerranéennes supportent des niveaux de demande qui ne se démentent pas.

Les facteurs de tension sur le marché littoral

L'impact des meublés de tourisme

Le tourisme de court séjour a profondément remodelé les côtes. Les meublés saisonniers, qu’ils soient sur des plateformes comme Airbnb ou gérés localement, se multiplient. Dans certaines communes, ils représentent plus de 30 % du parc immobilier. Ce n’est plus de l’exception, c’est une règle. Et cette transformation du foncier a un prix: l’accès au logement en péril pour les habitants de ces territoires.

La concurrence entre acheteurs

Les familles qui rêvent d’une maison de vacances entrent en concurrence directe avec des investisseurs cherchant à rentabiliser leur apport. Et là, le rapport de force est inégal. Les prix, en général soutenus, montent. Sur certaines plages, on observe des fourchettes autour de 4 500 €/m² dans l’ancien, avec des pics bien plus élevés pour les biens rénovés ou bien exposés. Le neuf, moins touché par la spéculation immédiate, devient une alternative sérieuse.

Cette concurrence déforme le marché. Les biens disponibles sont rares, les ventes se concluent en quelques jours, parfois sans visite. Et derrière ce rush, une réalité s’installe: la vie locale s’essouffle. Les commerçants locaux peinent à trouver des clients hors saison, les services publics se raréfient, et la désertification hivernale progresse.

Les conséquences sociales de cette saturation

L'accès au logement en péril

Les conséquences sont tangibles. Dans certaines villes littorales, près d’un logement sur trois est une résidence secondaire ou un meublé de tourisme. Cela réduit mécaniquement l’offre destinée aux travailleurs locaux, aux saisonniers, aux jeunes couples. L’équilibre territorial est rompu.

Voici ce que cela donne concrètement:

  • Une hausse des loyers pour les rares biens disponibles en location à l’année
  • Une désertification hivernale des centres-bourgs
  • La fermeture progressive des commerces de proximité
  • Des difficultés croissantes pour les entreprises à recruter sur place

Les mesures de régulation envisagées

Pour tenter de rétablir un certain équilibre, certaines communes ont pris le taureau par les cornes. Grâce à des outils décentralisés, les maires peuvent:

  • Instaurer une surtaxe sur les résidences secondaires
  • Fixer des quotas de meublés touristiques
  • Déclarer des zones tendues, encadrant la location saisonnière

Ces mesures visent à maintenir une population résidente active toute l’année, garantissant ainsi la pérennité des services et du tissu social.

Investir intelligemment malgré la hausse des prix

Le choix du neuf contre l'ancien

Quand les prix grimpent, chaque décision prend plus de poids. Le neuf apparaît alors comme une option solide. Moins de surprises, une garantie décennale, des normes énergétiques respectées - autant d’atouts. Surtout pour une résidence secondaire, souvent sous-occupée, où l’entretien à long terme peut devenir un gouffre.

En outre, le jointoiement à bandes ou les matériaux modernes réduisent les besoins de maintenance. Et côté fiscalité, bien que l’ancien propose parfois des charmes indéniables, le neuf bénéficie encore de certains avantages, notamment en matière de frais de notaire - réduits à environ 2,5 % contre 7 à 8 % pour l’ancien.

Les zones à potentiel de croissance

Plutôt que de se jeter dans la course effrénée au bord de mer, certains acquéreurs se tournent vers des zones moins saturées. Le centre de la Bretagne, certaines communes d’arrière-pays normand ou vendéen, des villages à moins d’une heure du littoral: autant d’endroits où l’équilibre entre prix d’achat et qualité de vie reste tenable.

Ces territoires, moins exposés à la spéculation immédiate, offrent un accès plus paisible à l’idée de campagne ou de calme. Et la demande, bien que moindre, monte lentement, portée par un mouvement de fond: celui du télétravail, qui redéfinit les notions de proximité.

Synthèse des opportunités et contraintes actuelles

Arbitrage entre plaisir et rentabilité

Faut-il acheter pour soi ou pour louer? Cette question se pose à chaque acquéreur. Beaucoup souhaitent que leur résidence secondaire couvre au moins une partie des charges. Mais il faut rester réaliste: la location saisonnière, si elle est attractive, implique un investissement en temps, en gestion, en fiscalité. Et la concurrence est féroce.

Anticiper la revente à long terme

L’immobilier, c’est un placement long terme. Même pour une maison de vacances. Et plus le marché se tend, plus l’emplacement et la qualité du bâti deviennent déterminants. Un bien mal situé ou mal construit ne se revalorisera pas - bien au contraire.

Voici un aperçu comparatif pour mieux évaluer les options:

Résidence en bord de merRésidence en zone rurale
Prix d'achat élevé, souvent supérieur à 4 000 €/m²Prix plus accessibles, entre 2 000 et 3 000 €/m²
Potentiel locatif élevé, mais saisonnierLoueur plus difficile, mais demande plus stable
Taxes et entretien annuel importants (protection contre le sel, l’humidité)Entretien moindre, fiscalité parfois plus douce

Vos questions fréquentes

J'ai hérité d'une maison de famille en bord de mer, est-il plus rentable de la vendre maintenant ou de la louer?

La réponse dépend des frais d’entretien et de votre projet. Un bien ancien peut générer des revenus locatifs, mais les charges de rénovation, d’isolation ou de mise aux normes peuvent largement les absorber. En revanche, le garder, c’est préserver un patrimoine familial souvent inestimable sur le plan affectif. Y a de quoi hésiter.

Quelles sont les erreurs de débutant lors d'un premier achat secondaire?

Beaucoup oublient la fiscalité locale, notamment les taxes d’habitation ou les règles de collecte des ordures ménagères, qui varient selon les communes. D’autres sous-estiment la complexité de la gestion à distance: entretien, assurances, occupation illégale. Et puis, il y a ceux qui ne pensent pas à l’accès en hiver, quand la route est coupée par la marée - pas si rare.

Le télétravail change-t-il vraiment la donne pour le marché secondaire?

Absolument. De plus en plus de familles transforment leur résidence secondaire en lieu de vie semi-permanent. Travailler deux jours par semaine au bord de l’eau, c’est devenu possible. Cela redynamise certains territoires en basse saison et change la nature même de l’usage. Pas juste des vacances: une autre forme de quotidien.

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